Face au chômage, il faut réagir

emploi« Qu’est-ce qui m’arrive ? » » « Pourquoi moi ? »… L’annonce d’un licenciement est toujours incompréhensible. On se sent soudain impuissant face à une situation qu’on ne contrôle pas.

Tout à coup, on perd ses repères et sa place dans la société. Dévalorisation de soi, impression de devenir inutile… autant de raisons qui donnent naturellement envie de se rebeller contre les autres, mais aussi contre soi-même.

« Les réactions peuvent être très violentes et amener à une réelle cassure relationnelle. Certaines personnes cherchent à s’autodétruire en sombrant dans l’alcool ou bien en « claquant du fric » », observe Gilbert Lespine, psychologue.

Autant dire que cette déstabilisation personnelle déteint également sur l’équilibre du couple. Ce changement de statut social est donc souvent vécu comme un véritable traumatisme, avec non seulement une perte de l’estime de soi mais aussi de ses moyens d’agir.

Cette réaction de déprime est considérée comme naturelle et nécessaire pour pouvoir se reconstruire ensuite. L’important étant de passer « la crise » en identifiant ses failles mais aussi en essayant de positiver la situation, en considérant le chômage comme un moment transitoire, une occasion de faire un bilan sur soi.

C’est, bien sûr, plus facile si l’on possède : une bonne formation professionnelle ou si l’on bénéficie d’un réel soutien familial.

Comment doit réagir l’entourage ?

Pas toujours facile d’adopter le bon comportement face à une personne au chômage, Comment s’y prendre pour lui donner envie de se battre ?

Pour ne pas commettre d’erreurs, les conseils de Gilbert Lespine :

  • Éviter de tomber dans la compassion et la plainte, Mieux vaut s’inscrire dans une démarche d’accompagnement et essayer d’inciter la personne qui souffre à faire de nombreuses activités.
  • Ne pas considérer l’autre comme une victime, car il risque de s’enfermer dans un état d’impuissance.
  • Brusquer un chômeur qui déprime, en lui assénant de se secouer, ne sert à rien, Il faut plutôt l’aider à rebondir en lui attribuant des responsabilités et des tâches au sein de la vie familiale. Pour effacer la sensation d’inactivité, qui rime souvent avec inutilité. 
  • Assurer un soutien moral sans pour autant devenir un « psy privé ». Quand la déprime devient trop importante ou dure trop longtemps, le relais doit être pris par un professionnel de santé, voire des antidépresseurs. 

Savoir organiser ses journées

Le chemin vers la sérénité est propre à chacun, mais pour se rapprocher du but, certains repères sont essentiels à connaître.

  • Accepter un passage à vide. « Il ne faut pas nier son malaise, mais s’autoriser à déprimer à un moment de la journée. Le but est de se débarrasser de toute l’anxiété.

On peut se fixer une heure dans la journée pendant laquelle on débranche son téléphone et on lâche prise.

  • Bien décrypter la situation : il est nécessaire de mettre des mots sur les événements et de ne pas garder un sentiment de honte. « Rien de tel que de parler de ses émotions à l’entourage pour ne pas somatiser », assure Gilbert Lespine.
  • Bouger et faire du sport, entre les moments où l’on recherche un emploi, au lieu de ruminer toute la journée entre quatre murs. Un moyen efficace pour évacuer le désespoir et les tensions.
  • L’idéal consiste à diviser sa journée en trois temps : un temps consacré à la recherche de travail, un temps pour s’enrichir, et un autre pour entretenir son réseau relationnel.
  • Quand on n’a pas le moral, rencontrer des amis, se divertir ne peut faire que du bien.
  • Pour ne pas casser totalement le rythme de la vie active, mieux vaut structurer ses journées selon un emploi du temps bien précis.

Pour aider les autres, elle témoigne

« Ne jamais perdre confiance en soi »

Eliane, 45 ans, a créé son entreprise après huit mois de chômage.

Eliane est comptable de formation. Après plusieurs contrats intérimaires, elle s’est retrouvée au chômage tout en élevant seule ses deux enfants de 13 et 8 ans.

« Ma première réaction a été de faire une pause de deux mois. Afin de pouvoir retrouver mon rôle de maman. Mais j’étais partagée entre la culpabilité de ne pas travailler et la nécessité de bien m’occuper de mes enfants. L’impression de vide, d’être en dehors du système, a vraiment été difficile à assumer. On se sent seul face à ses angoisses.

Cependant, je savais que je ne voulais plus accepter de travail précaire, je désirais m’investir à long terme. J’ai toujours eu envie de créer ma propre entreprise, mais j’étais effrayée par la lourdeur des démarches. Et puis… je n’avais pas d’argent.

Mais du jour où j’ai trouvé un concept, j’ai foncé. L’idée ? Concevoir des paniers dits créoles, en les garnissant avec des produits alimentaires antillais. Cela me permet de véhiculer ma propre culture. Grâce à l’aide de l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), mon projet a pu se réaliser.

Financièrement, je commence à m’y retrouver après une année de création. Je me sens beaucoup plus forte moralement et je me suis épanouie. Le plus important, c’est de ne jamais perdre confiance en soi, de rester digne et de réfléchir. Il faut montrer aux autres qu’on a les moyens de se battre. »

Les bonnes adresses pour retrouver un emploi

Nombreux sont les sites et organismes vous permettant de retrouver la voix du travail. Ci-dessous, une liste (non exhaustive) des sites vous permettant de retrouver un emploi :

  • AFPA (Association pour la formation professionnelle des adultes) ; propose 500 formations professionnelles pour 300 métiers dans 212 sites de formation. Renseignement auprès de l’agence Pole emploi la plus proche de chez vous. Site internet : www.afpa.fr 
  • APCE (Agence pour la création d’entreprises) ; 14 rue Delambre, 75014 Paris. Tél. 01 42 18 58 58. Site internet :apce.com (site Internet fourmillant d’informations pour les créateurs d’entreprise).
  • PARE (Plan d’aide au retour à l’emploi) propose des conseils adaptés à chaque situation. www.assedic.fr (rubrique « Demandeurs d’emploi »).
  • Pôle emploi pour vous aider à retrouver une activité professionnelle. Site internet : www.poleemploi.fr
  • Site d’emploi tels que adzuna.fr, qui est un site d’emploi possédant un moteur de recherche d’offres d’emploi référençant toutes les offres d’emploi, partout en France (vous permettant ainsi de trouver des emplois en Champagne-Ardenne si tel est votre souhait) .

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